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Home2020, année exceptionnelle

[2020, année exceptionnelle]

© Christophe Raynaud de Lage

Rester debout… et danser sous la pluie

Voilà plusieurs mois que nous étions silencieux. Au moment de fermer le portail « jusqu’à nouvel ordre », nous avions le coeur lourd.

Comme chacun d’entre vous, toute l’équipe du CIAM s’est confinée, faisant le dos rond dans la tempête. On a tenté d’écoper, de tout affaler, de protéger l’équipage et tous ceux qui nous entouraient. La structure tangue, les ressources propres qui contribuent habituellement pour moitié au financement du CIAM ont fondu comme neige au soleil avec la fermeture sur les fastes mois de printemps.

Et pourtant, cette période a mis en exergue l’urgence du modèle que nous défendions : une programmation sans saison, au fil de l’eau, sans plans sur la comète deux ans en avance, une connexion avec notre écosystème de compagnies, encore plus fragiles que nous, pour inventer ensemble des pistes de solution, la richesse des ponts avec le monde économique, où nous avons reçu compétences et soutien solidaire, l’importance de la réactivité du tissu des lieux intermédiaires quand le long fleuve tranquille vient à s’agiter, et notre philosophie très proche du courant des tiers lieux: faire, agir, tenter.

Bientôt 3 mois sans spectacle vivant « vivant », sans vibration collective, sans fête, et alors que les règles sanitaires commencent à laisser des interstices de « possibles », nous ne nous imaginions pas rester trois mois de plus sans mouvement. Attendre septembre pour sentir à nouveau cette communion invisible entre artistes et publics nous a semblé impossible.

Nous avons échangé tout au long du confinement avec les artistes qui nous sont proches, pour penser la suite, sentir leur bouillonnement toujours vivant, replonger dans leur créativité délicieuse, partager un moment dans le brouillard. Alors que chacun comptait les annulations par dizaines, beaucoup ne rêvaient que d’une chose : sortir et vous retrouver. Ce besoin instinctif de scène, cet élan presque vital d’offrir au public le produit de leur imagination, était d’une puissance folle et résonnait fortement avec notre manque.

Alors, malgré les grosses difficultés financières que traverse le CIAM, nous avons décidé d’engager notre énergie et nos équipes sur ce qui fait la raison d’être de notre projet : permettre de créer des liens entre la culture et la société. Être une courroie de transmission entre public et artistes, c’est notre rôle de structure culturelle, et notre pierre à l’édifice collectif.

En cette période de tribunes, de consultations, de grands discours, nous avons préféré les actes. Les contraintes sanitaires permettent une réouverture sous conditions. Chiche. On en a trop envie, le manque n’a que trop duré.
Nous déconfinons le festival, et ça commence… dans 72 heures !

Du 12 juin au 27 septembre, on vous embarque pour un Festival Jours [et nuits] de cirque(s) sans fin, construit sur le fil avec des artistes qu’on aime profondément, dans une commune envie de nous retrouver, pour des soirées inédites et partagées.

13 actes, comme autant de rendez-vous inattendus et précieux, pour jalonner l’été. En plein air, à jauge limitée, dans le respect des consignes sanitaires, sans se jouer du danger. Mais avec la profonde envie de vibrer ensemble, enfin.

Nous devrons peut-être nous réapprivoiser, le pas pourra être moins assuré. Nous avancerons masqués, intimidés, déshabitués, parfois un peu rouillés. Nous aurons peut-être même le trac de nous revoir… Mais, nous en sommes persuadés, nous retrouverons bientôt nos marques.
Alors, très vite, nous danserons sous la pluie.

Nous ferez-vous l’honneur ?

Chloé Béron, directrice
Philippe Delcroix, président
Cofondateurs du CIAM

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